Le développement économique et la survie du bassin industriel et commercial d’Oloron et du Haut Béarn
Désenclaver, le mot est lâché à tort et à travers. Alors, si c’est pour désenclaver, toutes les solutions sont bonnes. On peut construire, déconstruire, tailler dans les coteaux, creuser des tunnels, dégrader irrémédiablement l’environnement, taisez-vous « y a rien à dire » on désenclave. C’est pour votre bien donc vous êtes d’accord et ne perdons pas de temps en consultations et palabres inutiles. Circulez, payez le péage et laissez-nous utiliser vos impôts comme bon nous semble.
En quoi le Haut Béarn est-il enclavé ? (d’après le Larousse, un territoire est enclavé lorsqu’il est complètement entouré par un autre, il y a là un abus de langage auto-justificatif et trompeur). Non, le Haut Béarn n’a pas besoin de cette nouvelle voie routière pour exister, commercer, se développer économiquement.
Est-ce qu’une voie nouvelle à caractère autoroutier a un impact économique et donc social sur le développement des territoires qu’elle relie ? Tous les exemples récents le montrent : les territoires ne profitent pas à égalité de cette accessibilité améliorée et du gain de temps obtenu. C’est le territoire ou la ville la plus importante et déjà la plus développée économiquement qui en profite le plus. A l’autre bout de la route ou de la ligne LGV il y a au mieux les cités dortoirs mais peu de création d’entreprise. L’exemple de l’A89 entre Bordeaux et Périgueux a surtout permis à nombre de Périgourdins d’aller plus facilement travailler à Bordeaux tout en résidant dans la région de Périgueux. Dans la conclusion d’une étude réalisée en 2008 sur « l’impact socio-économique de la future A65 en Béarn », la CCI Béarn ne dit pas autre chose même si c’est contradictoire avec tout le reste de l’étude :
« …aujourd’hui, la création d’une autoroute n’est plus un atout spécifique : la plupart des territoires sont desservis, le transport routier n’est plus considéré comme un moyen de communication d’avenir et les coûts des transports par voie autoroutière sont dissuasifs (carburant et péage). On peut ainsi se demander si cette autoroute n’arrive pas « trop tard » pour provoquer un réel impact. A contrario, la réalisation trop précoce d’une liaison rapide entre Pau et Bordeaux aurait certainement freiné le développement d’activités et de services spécifiques en Béarn, le manque d’une liaison Nord-Sud efficace dans la région et son manque de cohésion ayant permis jusque là l’émergence de pôles relativement autonomes contrairement à d’autres régions ».
Cette réflexion s’applique bien à Pau et Oloron. Oloron tant pour le maintien ou le développement de son bassin industriel que pour son offre commerciale qui risquent d’en pâtir.
Oloron rassemble sur son territoire toutes les infrastructures commerciales grandes et petites pouvant répondre aux besoins de ses habitants et de ceux de l’ensemble du Haut Béarn. Une voie nouvelle menant directement à la zone commerciale de Lescar drainera automatiquement une part importante des clients Hauts Béarnais puisque l’étendue et la diversité de l’offre seront toujours supérieures à celle d’Oloron,. En fait de développement économique il y aurait très certainement appauvrissement du commerce Oloronais.
Le bassin industriel du Haut Béarn : les entreprises industrielles, d’après la CCI, seraient menacées par les difficultés d’accès à leurs sites entraînant des difficultés d’approvisionnement et d’expédition de leurs produits finis. Nous doutons que ce soit le facteur déterminant qui entraîne une baisse de la production industrielle ou même l’arrêt total de production pour certains. Le contexte économique, l’influence de l’actionnariat financier sur l’évaluation de la rentabilité économique de l’entreprise sont certainement beaucoup plus déterminants dans les prises de décision que les quelques minutes ou même dizaines de minutes qui pourraient être gagnées avec une voie nouvelle. D’autant que les temps gagnés seraient quasiment nuls pour les entreprises d’Ogeu et encore moins pour celles d’Arudy et de la vallée d’Ossau comme le montre les exemples ci-dessous.
L'intérêt économique que cette liaison apporterait au Bassin Industriel d'Oloron ne doit pas se faire au détriment des sociétés d’Ogeu, Arudy/Laruns et Gan qui doivent impérativement utiliser la RN 134
o Pour les entreprises d’Ogeu le gain de temps de 15 minutes prévu par la CCI entre Pau et Oloron ou entre l'aéroport de Pau et Oloron paraît très peu réaliste. Elles sont situées à 9 Km de la voie dite rapide, dans l'hypothèse la plus favorable, si l'échangeur est situé sur la RN134 à hauteur de Précilhon, conformément aux projets de juin 2004 présentés par la DDE au cours des différentes réunions publiques, qui se sont tenues à Poey de Lescar et à Lasseube sur la nouvelle liaison routière Pau-Oloron.
Cette Sté devra dans le meilleur des cas emprunter la RN134 sur 9 km, elle devrait donc soutenir son aménagement.
Le constat de l'éloignement de 9 km entre la Sté P.C.C. France et l'échangeur du projet de liaison Pau-Oloron qui remet en cause le gain de temps, se vérifie également pour les sociétés suivantes qui sont implantées à Ogeu :
- Sté PCC
- Sté des eaux minérales d'Ogeu 67 employés
- SA Jean Salet 52 employés
- Semoflex 107 employés
- Sté d'exploitation des sources de signes 27 employés
o Pour les entreprises d’Arudy et de la vallée d’Ossau l’intérêt de cette voie est encore plus négligeable et ne présente aucunement une alternative à l’utilisation de la RN134 Gan/Pau.
- Pour les entreprises de Gan la question ne se pose même pas. Seule une amélioration de la RN134 entre Gan et Pau ou sa rocade présente un intérêt.
- Bernard Michaud 120 employés
- Fromagerie des Chaumes ? employés
- Cave de Gan 80 employés et plus de 300 associés coopérateurs
L'aménagement et la sécurisation du réseau existant et notamment de la RN134 devraient répondre aux exigences économiques du Bassin Industriel d'Oloron et des Sociétés implantées à Gan.