Avant de décider d’engager les finances publiques sur un tel projet, il faut d’abord regarder ce qu’il en serait de :
- L’aménagement et du développement de notre territoire et du bassin de vie et d’emploi dans lequel il s’insère (le Haut Béarn, l’agglomération paloise et le bassin de Lacq)
- L’environnement naturel et de sa protection
- Des besoins réels des habitants dans leur vie sociale, économique, culturelle au quotidien et dans leurs évolutions futures.
Il est clair pour nous que ce projet a pour objectifs réels :
- De prolonger l’autoroute Bordeaux/Pau vers la vallée d’Aspe, le Somport et au-delà bien sûr vers la plateforme multimodale de Saragosse sans pour autant répondre aux nécessités de déplacement de la majorité des habitants de notre territoire. En effet il s’agirait d’une liaison Oloron (Gurmençon) / Lescar desservant le nord-ouest de l’agglo paloise.
- De constituer au nord de Pau un espace où se connecteraient les autoroutes A64/A65, l’aéroport et une nouvelle gare TGV pour accueillir la bretelle béarnaise de la LGV Sud Europe Atlantique (Bordeaux/Espagne). Ces objectifs clairement énoncés par la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) sont encore virtuels et font l’objet d’un lobbying et d’une pression énorme (cf la proposition de la CCI et de la Fédé des Travaux Publics de co-financer le projet). Ils sont partagés en tout ou en partie par nombre d’élus béarnais des villes principales et du Conseil Général.
Le débat démocratique préalable à toute décision, engageant des dépenses publiques à une telle hauteur, est totalement absent.
L’Etat, dans le respect des engagements du Grenelle de l’Environnement, a décidé de ne plus autoriser la construction d’une voie autoroutière nouvelle entre Pau et Oloron. Cependant l’Etat revient subrepticement sur ses engagements du Grenelle en acceptant de financer à hauteur de 50% l’étude pour ce projet de voie express. Le syndicat mixte en cours de constitution ne parle plus que de l’étude de la liaison routière Pau-Oloron dont le tracé reprend celui du projet d’A650 (et donc l’axe européen E07). Aucune autre hypothèse n’est étudiée.
Le Conseil Général des PA, la CCI et les maires de Pau, Oloron et Mourenx se mobilisent pour constituer un syndicat ayant pour vocation l’étude et la construction d’une nouvelle voie routière (2x1 voie) sur le même tracé que l’ancien projet autoroutier. La Région, sollicitée pour co-financer l’étude préalable au projet de route, a donné son accord, sans pour autant s’engager au-delà. Mais avant d’engager une nouvelle étude ne conviendrait-il pas de ressortir celles des différents scénarios faits par l’Etat (DDE) tant à l’époque du tunnel du Somport que plus récemment pour le projet autoroutier Pau/Oloron ? Pourquoi ne chiffre t-on pas le coût de la modernisation-sécurisation complète de la RN 134 de Pau à Oloron ? Dans la concertation de 2004 la DDE avait répondu par écrit que cela coûterait un tiers moins cher que par Lasseube. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Nous n’avons pas connaissance des réflexions ou des études alternatives à ce projet. Et pourtant elles existent.
Est-il normal et responsable de mener des campagnes de propagande sur ce projet et de faire rêver les habitants sur un développement économique mirobolant et des gains de temps de transport aussi farfelus qu’irréalistes que ce qui est annoncé (cf. les conférences organisées par la CCI) :
- Sans annoncer le coût estimé des travaux nécessaires ;
- Sans dire comment ils seront financés. Les utilisateurs seront très certainement doublement taxés : par l’impôt et par un péage (dans le cas d’un ou deux tunnels à réaliser au niveau d’Arbus).
Est-il normal d’engager l’argent des contribuables à un tel niveau :
- Sans consulter et informer les habitants des territoires concernés de toutes les données permettant une prise de décision ;
- En s’appuyant uniquement sur le pouvoir de quelques élus et des milieux économiques. La CCI traduit-elle l’ensemble des besoins économiques, les dirigeants d’entreprise sont-ils les seuls à avoir leur mot à dire sur ce type d’investissement public ?